Occultation de planètes

Occultations planétaires : lorsque la Lune prend le dessus sur les autres astres

Le 14 septembre prochain, un phénomène rare sera observable depuis la France : la Lune passera devant Vénus et la masquera temporairement. Pendant quelques dizaines de minutes, la planète disparaîtra derrière le disque lunaire avant de réapparaître. Ce phénomène porte le nom d’occultation. Comment un tel phénomène est-il possible ?

Qu’est-ce qu’une occultation ?

Une occultation se produit lorsqu’un astre passe devant un autre astre et le masque partiellement ou totalement pour l’observateur terrestre.

Une occultation est proche du principe d’une éclipse : un astre passe devant un autre et le cache temporairement.

Pourquoi cela arrive-t-il ?

Ce phénomène est possible car la Lune et les planètes semblent suivre une trajectoire voisine appelée écliptique.

Malgré ce déplacement sur cette ligne qui est l’écliptique, les planètes peuvent monter ou descendre en latitude. Les planètes restent toujours proches de l’écliptique, mais leur latitude céleste varie légèrement. C’est cette bande de ciel entourant l’écliptique que l’on appelle le zodiaque.

De temps en temps, vue de la Terre, leurs trajectoires apparentes se croisent parfaitement. C’est ce que l’on appelle une occultation.

Il vous est peut-être déjà arrivé, lors d’une compétition sportive, d’observer depuis les tribunes, la course de deux coureurs sur des pistes voisines. A un certain moment, ils semblent se superposer.

Pourquoi est-ce rare ?

La Lune effectuant sa révolution en un peu moins de 28 jours, on pourrait penser que les occultations planétaires sont fréquentes. Cependant, pour qu’une occultation puisse être observée, encore faut-il qu’elle se produise au-dessus de l’horizon du lieu considéré. Si la Lune n’est plus dans notre hémisphère, l’occultation ne sera pas visible.

De même, il est plus aisé de faire cette observation quand le Soleil est sous l’horizon.

L’occultation s’effectue lorsque, depuis un lieu donné sur Terre, la Lune et une planète semblent alignées sur la même ligne de visée.

La combinaison de ces différents critères fait de l’occultation un phénomène relativement rare à observer.

Que voit réellement l’observateur ?

Si l’occultation est vécue dans son entièreté, l’observateur est spectateur de plusieurs choses : d’abord une phase d’immersion, quand la planète disparaît sous la Lune ; l’occultation où il n’est plus possible d’observer la planète ; et enfin la phase d’émersion, où la planète ressort de la Lune.

Quelle lecture astrologique des occultations ?

Les astrologues traditionnels ont souvent associé l’influence des astres à leur lumière. Comme le rappelait Eustache Le Noble, « nulle lumière, nulle influence ». Dès lors, l’occultation d’une planète par la Lune soulève une question fascinante : que devient son influence lorsque sa lumière cesse temporairement de parvenir jusqu’à nous ?

Le phénomène est similaire à celui d’une éclipse. Durant un moment, la Terre ne reçoit plus les rayons d’une planète.

Lors d’une éclipse solaire, notamment celle d’août 2026, on a pu se rendre compte que la baisse de la luminosité avait une incidence sur la faune. Les insectes et les oiseaux s’arrêtent de chanter, les animaux se préparent à se coucher, bien en amont de l’occultation totale.

Si l’on adopte cette lecture fondée sur la lumière, une occultation pourrait être considérée comme une conjonction particulièrement marquante, la Lune prenant temporairement l’ascendant sur la planète qu’elle masque.

En astrologie, une occultation soulève une question fascinante. Si la planète disparaît momentanément derrière la Lune, faut-il considérer que son expression devient moins autonome ? Les qualités planétaires sont-elles absorbées, filtrées ou modulées par le principe lunaire ? Une occultation de Vénus pourrait ainsi interroger notre manière de vivre les relations, les émotions et les désirs. Ces thèmes vénusiens semblent alors passer par le prisme mouvant de la Lune, astre des rythmes, de la mémoire et de la réceptivité.

L’occultation d’une planète par la Lune présente une analogie intéressante avec le concept traditionnel de cazimi. Dans le cazimi, la planète est reçue au cœur du Soleil et participe à sa puissance. Lors d’une occultation, la planète semble au contraire être reçue dans le corps même de la Lune. Si l’on suit cette logique symbolique, les qualités de l’astre occulté pourraient être temporairement absorbées, filtrées ou intériorisées par le principe lunaire avant de réapparaître sous une forme renouvelée.

Les occultations nous rappellent que le ciel est vivant. Les planètes ne sont pas de simples points fixes mais des astres en mouvement permanent dont les trajectoires se croisent parfois sous nos yeux.

A surveiller

Le 14 septembre 2026, dans la matinée, il sera possible de vivre une occultation de la planète Vénus. La Lune devrait se lever vers 11h30, la phase d’immersion aura déjà eu lieu. Vers 12h30, il sera possible d’assister à la phase d’émersion de la planète Vénus.

Sur la fin d’année 2026, une série d’occultations de Jupiter sera visible aussi : 8 septembre, 6 octobre, 2 novembre et 30 novembre.

Les occultations restent des phénomènes rares qui méritent l’attention des astrologues. A la différence des conjonctions, elles mettent en scène une disparition temporaire. Un astre cesse d’être visible avant de réapparaître. Cette alternance de retrait et de retour invite à réfléchir à la manière dont les principes planétaires peuvent parfois s’effacer, se transformer ou être relayés par une autre dynamique céleste. Observer une occultation, c’est peut-être assister à une mise en scène symbolique particulièrement éloquente.

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